Communication d’influence et gestion de crise

La gestion courante d’une entreprise est la résultante de différentes dynamiques, de différentes stratégies qui peuvent être mises en œuvre simultanément ou séparément pour assurer le bon développement économique et financier de toute l’entreprise. Quelle que soit la taille de l’entreprise, quels que soient ses objectifs à long terme ou même quelle que soit son activité principale, il peut être intéressant voire primordial de veiller à l’amélioration permanente de la stratégie globale mise en place. Stratégie de communication, stratégie commerciale et économique, la stratégie globale comprend toutes ces différentes ramifications que l’ensemble des chefs d’entreprise et des cadres dirigeants se doit de prendre en compte.

Mais qu’en est-il de la communication d’influence et de la gestion de crise ? En effet, cette communication spécifique et ce type de gestion à part entière rencontrent une importance croissante dans le cadre du développement courant d’une entreprise. Cependant, bien des acteurs de ce monde ne parviennent pas à saisir tout l’intérêt que peut comporter une dynamique commune comprenant à la fois une communication spécifique à objectif d’influence et une gestion d’entreprise adaptée aux périodes de crise qui se font de plus en plus proches.

Qu’est-ce que la communication à objectif d’influence ? Qu’en est-il de la gestion d’entreprise en situation de crise ? Est-il intéressant, pour toutes les entreprises, de mêler ces deux optiques différentes ? Toutes les entreprises ont-elles intérêt à développer une stratégie spécifique partagée entre communication à but d’influence sur les acteurs de son environnement et gestion de crise spécifique ? Eléments de réponse, pistes de réflexion et bien plus encore dans les lignes et les paragraphes qui suivent.

La communication d’influence en quelques mots

Première notion à bien définir avant de répondre aux autres questions qui nous intéressent dans cet article, la notion de communication à but d’influence. Comme pour la gestion en situation de crise, cette notion n’est que trop peu comprise et appliquée sciemment par les chefs d’entreprise et les cadres dirigeants. Profitons alors de cet article pour mieux comprendre tout l’intérêt que peut avoir une communication résolument tournée vers l’influence auprès des parties prenantes dans le cadre du développement d’une entreprise. Il serait regrettable de ne pas prendre le temps de comprendre ces différentes notions pour ainsi saisir, pleinement, l’intérêt des réflexions menées en fin d’article.

La communication à but d’influence se caractérise donc par tout un ensemble de procédés, de techniques et de stratégies qui a pour objectif principal de susciter, de légitimer, d’infléchir voire d’empêcher des décisions politiques pouvant porter atteinte à l’activité de l’entreprise qui mène ce type de communication spécifique. Le but est donc de promouvoir ou de défendre des intérêts essentiellement commerciaux pour une entreprise, mais aussi des intérêts idéologiques et organisationnels dans le cadre d’un organisme ou d’une association par exemple. Dans les deux cas, le levier d’action principal à utiliser reste bel et bien l’opinion publique sous toutes ses formes.

A titre d’exemple, il peut être intéressant de prendre celui, plutôt récent, des producteurs laitiers. Contre des réformes prises à l’échelle européenne et une application sur le territoire français, les producteurs de lait de l’Hexagone ont tout mis en œuvre (grèves, arrêt de la production, forte mobilisation dans les supermarchés …) pour peser contre ces décisions allant à leur encontre et dénoncer les tarifs d’achat du lait qui ne cessent de baisser d’année en année, voire de mois en mois. Il s’agit d’un exemple marquant de communication à but d’influence, un exemple certes plus frontal, avec une réelle mobilisation sur le terrain mais qui démontre toutes les possibilités et le poids que peuvent avoir les entreprises ou les organismes dès lors qu’une décision politique n’est pas prise en leur faveur. Cet exemple illustre également le fait que toutes les entreprises et toutes les organisations peuvent avoir une certaine influence, il ne s’agit pas là d’une problématique de moyens financiers ou d’agissements spécifiques.

Dernière petite précision concernant la communication à but d’influence, la distinction nécessaire à faire entre cette communication spécifique et le lobbying. En effet, très souvent, la communication à but d’influence est rapprochée du lobbying de par ses fondements et les objectifs poursuivis. Mais ce rapprochement n’est pas justifié dès lors que l’on sait deux choses :

– Premièrement, la cible du lobbying est le plus souvent un décideur politique et ce de façon directe, alors que la communication à but d’influence s’oriente plus vers l’opinion publique dans un premier temps pour ensuite faire pression, indirectement, sur les décideurs politiques.

– Ensuite, la communication à but d’influence ne vise qu’à avoir une certaine influence obtenue de façon parfaitement indirecte sur les décisions d’ordre politique et ce par le biais de l’opinion publique, là où le lobbying peut aller jusqu’à empêcher, à la source, la prise de décisions contraires aux intérêts de ceux qui le pratiquent.

Gestion de crise : une gestion d’entreprise classique ?

Comme pour la communication à but d’influence, passons maintenant à la définition de la notion de gestion d’entreprise en situation de crise, là encore une notion connue mais pas nécessairement bien comprise par les personnes devant faire face aux enjeux présents dans ce domaine.

La gestion en situation de crise comprend donc tout l’ensemble des modes d’organisation connus et qui permettent à une entreprise quelconque de se mettre en condition et affronter une crise pouvant survenir dans le cadre de son développement. L’allocation des moyens, les techniques à mettre en œuvre, le rôle de chaque collaborateur … Tous ces éléments doivent être préparés et assimilés par tous les acteurs de l’entreprise pour pouvoir faire face à une situation de crise. Sans cette préparation initiale, l’entreprise prend alors le risque de devoir affronter une situation délicate sans pour autant disposer des moyens et des connaissances nécessaires pour surpasser cette situation et retrouver un développement normal.

Pour réussir cette communication spécifique en situation de crise, les entreprises disposent de plusieurs outils qu’il est intéressant de connaître. Le plan de gestion en situation de crise, en premier lieu, permet de définir l’ensemble des moyens à allouer et des actions à mener pour se sortir d’une situation délicate pouvant mettre en péril le développement économique et financier de l’entreprise. Dans un second temps, c’est le plan de communication de crise qui doit être créé et développé avec le même objectif que le plan de gestion en situation de crise, c’est-à-dire d’adopter la meilleure communication de crise pour l’entreprise alors qu’elle traverse un épisode délicat. Les plans opérationnels de crise sont également des outils intéressants dans ce type de situation et qui prévoient les opérations à mener pour affronter les maux rencontrés par l’entreprise.

Fusionner communication d’influence et gestion en situation de crise : risque ou opportunité ?

Maintenant que l’ensemble des notions importantes dans cet article ont été abordées et expliquées, la question peut se poser de savoir en quoi la communication à but d’influence et la gestion d’entreprise en situation de crise sont deux notions que l’on peut lier et utiliser conjointement. En effet, cette interrogation se retrouve de façon importante dans l’esprit des chefs d’entreprise et des cadres dirigeants, des acteurs directs du monde de l’entreprise qui s’interrogent sur la possibilité de mélanger et de lier ces deux notions pour améliorer le dynamise et le fonctionnement de leur entreprise.

Comme dit précédemment, la communication à but d’influence vise principalement à éviter que l’entreprise ne rencontre un cadre légal pouvant être à l’encontre du développement de sa propre activité. L’objectif est donc, à travers l’opinion publique, de peser sur les décisions des acteurs politiques à l’origine des projets de loi visés. En premier lieu, cette communication spécifique s’oriente auprès des acteurs du monde politique, mais force est de constater que ce sont toutes les parties prenantes qui peuvent être visées par la communication à but d’influence. Des fournisseurs en passant par les sous-traitants, les salariés mais aussi les syndicats et les médias, toutes les parties prenantes peuvent incarner une cible parfaite pour la communication à but d’influence. Et c’est à travers cette dynamique, à travers cette multiplicité de cibles que l’on peut entrevoir tout l’intérêt que peut apporter l’idée de mêler communication à but d’influence et communication en gestion en situation de crise.

Qui dit gestion en situation de crise, dit possibilité de s’aider des parties prenantes pour se sortir de ce mauvais pas. Nous avons rencontré, par le passé, de nombreuses situations où une entreprise en difficulté s’est vue être complètement abandonnée par certaines de ses parties prenantes. Tout cela à cause d’une mauvaise relation entretenue et qui n’a pas permis de constituer un maillon d’accompagnement solide en période de crise. C’est précisément en ce point que la communication à but d’influence peut avoir un réel intérêt : améliorer les relations avec les parties prenantes en communiquant de sorte à maintenir une certaine influence sur ces mêmes parties prenantes. Cette influence peut prendre différentes formes, de l’influence économique en passant par l’influence financière ou communicationnelle. Mais la résultante est toujours le maintien d’une certaine confiance même dans la situation où l’entreprise doit mettre en œuvre une véritable gestion en situation de crise.

Une démarche à part entière à mettre en œuvre

Quelle que soit la taille de votre entreprise, quels que soient ses objectifs réels, en tant que chef d’entreprise ou cadre dirigeant, vous devez véritablement saisir tout l’intérêt d’une communication à but d’influence mêlée et fusionnée à la gestion en situation de crise. En effet, toutes les entreprises ont rencontré ou rencontreront à l’avenir une situation délicate, une situation de crise qui nécessitera toute une planification antérieure en vue d’accélérer la sortie de crise. Mais pour optimiser cette sortie de crise et l’affrontement d’une situation délicate, l’entreprise se doit d’entretenir une relation solide et de confiance avec l’ensemble de ses parties prenantes. Le cas échéant, la synergie possible entre les deux notions ne peut se développer et l’entreprise se retrouve avec des relations fragiles voire peu fiables avec ses parties prenantes quelles qu’elles soient. Prenez donc le temps, avec l’ensemble de vos collaborateurs, de planifier votre communication en situation de crise en parallèle à l’élaboration d’une influence spécifique de votre entreprise sur son environnement direct et indirect, c’est-à-dire sur les parties prenantes avec lesquelles elle est en relation permanente.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *